Le Prophète (que la paix et le salut de Dieu soient sur lui) a effectué quatre Omra. La première a été entreprise, mais non achevée, car les Mecquois l’empêchèrent d’entrer à la Mecque. Cet évènement se déroula en l’an 6 de l’hégire et aboutit au pacte d’al-Hudaybiya. La seconde fut effectuée un an après, en l'an 7 de l'hégire. Les juristes musulmans, l’appellent, « La Omra du rattrapage (Umra al-qadâ') », car elle semble rattraper la Omra inachevée de l’année précédente. La troisième se déroula en l’an 8, l’année de la conquête de la Mecque. Quant à la quatrième, elle eut lieu en l’an 10 avec son pèlerinage (Hajj).

La Omra est-elle obligatoire au même titre que le Hajj ?

Les savants musulmans adoptent deux avis sur cette question :

Pour les juristes hanafites et malikites, la Omra est un acte fortement recommandé (sunna mu'akkada). Elle n’est donc pas obligatoire.

Ils justifient leur avis par le fait que le hadith qui évoque les cinq piliers de l’Islam mentionne le Hajj et non la Omra. De même, ils avancent plusieurs hadiths, tel que ce propos de Abdellah Ibn Jâbir (que Dieu l’agrée) :

« Un bédouin vint voir le Prophète (que la paix et le salut de Dieu soient sur lui) et lui dit : Informe-moi sur la Omra, est-elle obligatoire ? Non, répondit le Prophète (que la paix et le salut de Dieu soient sur lui), mais il est préférable de l’accomplir. »
(Rapporté par Tirmidhi).

Cependant, il faut remarquer que ce hadith, ainsi que les autres qui seront explicites sur la non obligation de la Omra, sont jugés irrecevables par les spécialistes du hadith.

Pour les shafiites, les hanbalites et Ibn Hazm, la Omra est obligatoire, au moins une fois dans la vie. C’est également l’avis de Omar Ibn Khattâb et son fils, Abdellah (que Dieu les agrée), ainsi que celui de Abdellah Ibn Abbâs (que Dieu l’agrée).

Parmi les arguments qui sont avancés figure ce verset :

« Achevez, pour Dieu, le hajj et la Omra… » (Cor. 2 : 196).

Pour eux, le verbe « achevez » se comprend dans le sens d’"accomplissez". Or, l’impératif utilisé dans ce verset renvoie à un ordre. Par ailleurs, ils estiment que la Omra étant citée dans ce verset avec le Hajj, elle prend le même statut que lui, à savoir l’obligation.

Ce second groupe cite aussi des hadiths, comme cette question de Aisha (que Dieu l’agrée), posée au Prophète (que la paix et le salut de Dieu soient sur lui) :

« Ô Messager de Dieu, les femmes doivent-elles accomplir le djihâd ? Oui, répondit-il, elles ont à accomplir un djihâd qui ne possède pas de combat, le Hajj et la Omra. »
(Rapporté par Tirmidhi)