Chapitre 5 : La première clause appliquée

La première clause appliquée

La fuite d'Abû Jandal

Alors que le Prophète (que la paix et le salut de Dieu soient sur lui) venait tout juste de signer le traité de Hudaybiya, le fils de Suhayl appelé Abû Jandal s’approcha du campement des musulmans. Celui-ci était musulman mais n’avait jamais pu se rendre à Médine car ses parents l'avaient séquestré et torturé. En apprenant que le Prophète (que la paix et le salut de Dieu soient sur lui) était près de la Mecque, il s’était échappé pour le rejoindre. Selon le traité que venait de signer le Prophète (que la paix et le salut de Dieu soient sur lui), ce dernier était obligé de renvoyer Abû Jandal à la Mecque. Voyant que la situation était extrêmement tendue, le Messager de Dieu (que la paix et le salut de Dieu soient sur lui) demanda une faveur à Suhayl mais celui-ci refusa. Suhayl dit au prophète (que la paix et le salut de Dieu soient sur lui) que s'il offrait la protection à Abû Jandal, il reviendrait sur ses engagements et considérerait les clauses de l'accord comme nulles. Le Messager de Dieu (que la paix et le salut de Dieu soient sur lui) dit à Abû Jandal : « Ô Abû Jandal ! Sois patient et calme-toi, car Dieu pourvoira, à toi et à ceux qui sont dans votre cas, de la consolation et de la bonne issue. Nous avons conclu avec ces gens une paix ; nous nous sommes engagés, et eux il se sont engagés devant Dieu, qu’aucune partie ne trahisse l’autre. » Le Prophète (que la paix et le salut de Dieu soient sur lui) dut donc refuser son asile à Abû Jandal et laisser les Quraychites le ligoter et le reprendre.

La réaction de 'Umar

C’est à ce moment que ‘Umar perdit patience et haussa le ton devant le prophète (que la paix et le salut de Dieu soient sur lui) en lui disant : « Ô Messager de Dieu, n’es-tu pas le Prophète (que la paix et le salut de Dieu soient sur lui) ? » Le Prophète (que la paix et le salut de Dieu soient sur lui) répondit : « Si. » ‘Umar demanda ensuite : « Ne sommes-nous pas des Musulmans ? » Le Prophète (que la paix et le salut de Dieu soient sur lui) répondit : « Si. » Puis ‘Umar interrogea : « Ne sont-ils pas les polythéistes ? » Le Prophète (que la paix et le salut de Dieu soient sur lui) répondit : « Si. » Alors ‘Umar dit : « Pourquoi donc acceptons nous que notre religion soit avilie ? » Le Prophète (que la paix et le salut de Dieu soient sur lui) lui dit : « Je suis le Prophète de Dieu et Son serviteur, je ne contredirai pas Son ordre et Il ne me laissera pas tomber. » ‘Umar s’approcha ensuite de Abû Jandal qui était en larmes et mit son épée en évidence pour qu’il puisse tuer son père. Abû Jandal ne prit pas l’épée tendu par ‘Umar et préféra rentrer à la Mecque comme lui avait ordonné le Messager de Dieu (que la paix et le salut de Dieu soient sur lui). Le moment était critique et exigeait des compagnons obéissance et résignation.

Après le départ des idolâtres, le Prophète (que la paix et le salut de Dieu soient sur lui) demanda par trois fois aux pèlerins de sacrifier les bêtes et de se raser la tête. Mais les musulmans ne réagirent pas à cause de leur incompréhension totale du pacte que le Prophète (que la paix et le salut de Dieu soient sur lui) venait de signer. Consterné, le Messager de Dieu (que la paix et le salut de Dieu soient sur lui) retourna à sa tente et trouva son épouse Umm Salama. Celle-ci lui prodigua alors un conseil fort précieux. Elle lui dit de commencer à se raser devant ses compagnons et que ceux-ci l'imiteraient quand ils le verraient faire. Le Prophète (que la paix et le salut de Dieu soient sur lui) suivit son conseil et sortit afin de se raser la tête. Rapidement, les croyants suivirent ses pas et l’imitèrent. Les pèlerins furent d’autant plus heureux lorsqu’un vent violent souffla et qu’il emporta tous leurs cheveux en direction du territoire sacré.

Le regret de 'Umar

Sur le chemin du retour, ‘Umar fut très inquiet de son comportement et craignit que Dieu – Le Tout Puissant – ne révèle un verset à son sujet. Il disait : « Depuis, je n’ai jamais cessé de donner l’aumône, de jeûner, de prier, d’affranchir des esclaves, par expiation pour ce que j’ai dit ce jour-là, et par crainte des paroles que j’ai proférées à cette occasion. » Le Prophète (que la paix et le salut de Dieu soient sur lui) envoya chercher ‘Umar et lorsque celui-ci vit le sourire du Prophète (que la paix et le salut de Dieu soient sur lui), il se sentit apaisé. Le Prophète (que la paix et le salut de Dieu soient sur lui) lui annonça que Dieu – Le Tout Puissant – avait révélé le verset suivant : 

« En vérité, Nous t’avons accordé une victoire éclatante » (48 : 1).

De nombreux versets de la sourate de la victoire (fath) seront révélés à cette occasion. Les musulmans ne verront les fruits de cette trêve qu'après une année, lorsque les tribus arabes commenceront à embrasser l'Islam et affluer à Médine pour prêter serment d'allégeance au Prophète.