Les clauses du pacte de Hudeybiya autorisait les musulmans à se rendre à la Mecque l'année suivante. L'an 7 sonne alors le retour triomphant des pèlerins à la Mecque.

An 7 - Le petit pèlerinage du talion

Le départ

Environ huit mois après le retour des musulmans de l’expédition menée contre la ville de Khaybar, le Prophète (que la paix et le salut de Dieu soient sur lui) sortit avec ses compagnons afin d’effectuer le pèlerinage de remplacement, en remplacement de celui dont il avait été empêché l’année précédente. Le nombre de pèlerins était d’environ deux milles. Ce pèlerinage fut aussi appelé : « Petit pèlerinage du talion » car les Quraychites avaient empêché le Messager de Dieu (que la paix et le salut de Dieu soient sur lui) d’accomplir le pèlerinage lors du mois de Dhu al-Qa‘da de l’année précédente. Pour se « venger », le Prophète (que la paix et le salut de Dieu soient sur lui) comptait effectuer le pèlerinage durant le même mois de cette septième année de l’Hégire. Enfin, notons que ce pèlerinage sera une confirmation du rêve qu’avait fait le Prophète (que la paix et le salut de Dieu soient sur lui) avant son départ pour Hudaybiya. Dieu- l’Exalté- dit dans le Coran :

« C’est ainsi que Dieu confirma le songe par lequel il avait annoncé à Son Envoyé, en toute vérité : ‘Vous entrerez, en toute sécurité, par la volonté de Dieu, dans la mosquée sacrée, tête rasée ou cheveux taillés courts, et à l’abri de toute crainte.’ Dieu savait, en effet, des choses que vous ignoriez. Aussi a-t-Il décidé de vous accorder entre-temps une prompte victoire. » (48 : 27).

L'entrée à la Mecque

Lorsque les Quraychites apprirent que les pèlerins avaient atteint la limite du territoire sacré, ils évacuèrent la vallée de la Mecque pour se retirer sur les collines environnantes. Leurs chefs se rassemblèrent sur le mont Abû Qubays, d’où ils pouvaient regarder la Mosquée. Leurs oreilles perçurent rapidement un murmure dans lequel ils reconnurent l’antique invocation : Labbayak allâhumma labbayk. Les Quraychites s’étaient rapportés entre eux queMuhammad (que la paix et le salut de Dieu soient sur lui) et ses partisans étaient en état de fatigue et de gêne, conséquence de la vie à Médine. Afin de montrer qu’il en était pas ainsi, le Prophète (que la paix et le salut de Dieu soient sur lui) déclara, à l’entrée de la Mosquée :« Puisse Dieu – Le Tout Puissant - faire miséricorde à celui qui leur montre aujourd’hui qu’il est fort. » Il partit ensuite toucher la pierre noire puis commença, d’un pas rapide, les sept tournées autour de la Ka‘ba. Au moment où le soleil eut atteint le zénith, le Prophète (que la paix et le salut de Dieu soient sur lui) ordonna à Bilâl de monter sur le toit de la Ka‘ba et de faire l’appel à la prière. Du haut du mont Abû Qubays, les chefs Quraychites pouvaient nettement voir Bilâl et la vue d’un ancien esclave sur le toit de la Mecque les remplissait d’indignation. Les idolâtres comprenaient que leur ennemi était en train de remporter un triomphe dont les conséquences étaient incalculables et ils commençaient à regretter d’avoir signé le traité qui, un an plus tôt, semblait être en leur faveur.

Le message à Khâlid b. al-Walîd

Le Prophète (que la paix et le salut de Dieu soient sur lui) et les musulmans voulaient à tout prix abattre la résistance des Quraychites et ouvrir les cœurs à la réception de la vérité. C’est d’ailleurs pour cette raison que le frère de Khâlid b. al-Walîd écrira une lettre à ce dernier l’invitant ainsi à l’Islam. Après sa conversion, Khâlid b. al-Walîd déclarera : « Lorsque le Prophète (que la paix et le salut de Dieu soient sur lui) fit son entrée à la Mecque pour le petit pèlerinage, je m’absentai pour ne pas assister à son entrée. Mon frère Walîd était alors avec lui. Il me chercha, mais ne me trouva point. Il m’écrivit alors dans une lettre : ‘Je ne comprends pas comment ton esprit ne te conduit pas à l’islam, toi dont l’esprit est ce qu’il est. Le Prophète (que la paix et le salut de Dieu soient sur lui) a demandé après toi [lors du petit pèlerinage]. Je lui ai dit : ‘Dieu l’amènera.’ Il me dit alors : ‘Comment quelqu’un comme lui peut-il renier l’islam ? ! S’il mettait sa redoutable vigueur au service de l’Islam contre les idolâtres, cela vaudrait mieux pour lui ; et nous lui donnerions la préférence sur d’autres.’ Voici donc mon frère ce que tu as perdu !’ »

Le mariage du Prophète, Prières et Bénédictions sur Lui

Toujours dans cet esprit de rapprochement et d’ouverture avec les Quraychites, le Prophète (que la paix et le salut de Dieu soient sur lui) se maria avec Maymûna qui était la belle sœur de l’oncle du Prophète (que la paix et le salut de Dieu soient sur lui) al-‘Abbâs ainsi que la tante de Khâlid b. al-Walîd. Le Prophète (que la paix et le salut de Dieu soient sur lui) avait soixante ans alors qu’elle en avait trente-six. On rapporte que Maymûna était veuve et qu’elle désirait épouser le Prophète (que la paix et le salut de Dieu soient sur lui). Elle avait parlé de son souhait à sa sœur Umm al-Fadl pour que celle-ci en parle à son mari al-‘Abbâs. Ce dernier rencontra alors le Prophète (que la paix et le salut de Dieu soient sur lui) pour lui faire part du désir de Maymûna de l’épouser ; le Messager de Dieu (que la paix et le salut de Dieu soient sur lui) accepta. Quand la bonne nouvelle parvint à Maymûna, elle descendit de son chameau et dit : « Le chameau et ce qu’il porte sont pour le Messager de Dieu (que la paix et le salut de Dieu soient sur lui). » Lorsque le séjour des musulmans à la Mecque toucha à sa fin, le Prophète (que la paix et le salut de Dieu soient sur lui) proposa aux Quraychites de séjourner encore quelque temps parmi eux pour qu’il organise, en l’honneur de cette union, un festin. La proposition fut rejetée par les idolâtres et les musulmans durent retourner à Médine.